Premiers tâtonnements ... |
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La première chose que je me suis demandé en arrivant sur place était : « Qu'est ce que je fous là ? ». Comme cet été, il y avait ce même sentiment de ne pas être à l'endroit où j'étais supposé être. A vrai dire avec mes deux gros sacs sur le dos et à l'avant avec ma guitare sous le bras, je crois que le nom de porteur ne m'a jamais autant collé à la peau. Mais je ne me suis pas posé cette question plus d'une seconde, au bout du compte, je n'étais pas venu ici pour faire de la figuration et me plaindre, je réserve ça pour les promeneurs du dimanche. Bon c'est vrai, que je n'avais rien prévu pour mon arrivée mais cela fait partie de ce petit quelque chose qui rend au hasard et à l'imprévu un goût tellement savoureux. C'est bien, je croyais qu'au plus je voyagerais au moins j'aurais à m'inquièter. Fier de moi, j'ai donc joué sur mes expériences africaines en jouant la carte du harcèlement. Le principe est simple ; si tu es perdu ou tu cherches quelques chose et que tu n'as rien à ta disposition comme une carte ou un téléphone, tu vas , tout simplement, voir les gens autour de toi en les oppressant jusque quand tu obtiennes ce que tu cherchais. Sur le moment même j'ai cru que ca allait fonctionner. Seulement voila, j'étais en Espagne et mon niveau de la langue était proche du néant absolu. Ca ne sert à rien de parler anglais, ici, ils ne le parlent pas. Je connaissais les bases grammaticales et un peu de vocabulaire mais en pratique quand il s'agissait de parler, c'était triste à voir. Après m'être pris quelques vents, je me suis tourné vers une américaine pour trouver mon bus. Finalement, je suis descendu en plein centre ville, et sans savoir où j'allais, j'ai chopé le premier hostel que j'ai vu. Avec une chambre privée pour lâcher mes affaires à un prix décent, j'e n'ai pas longtemps hésité et je me suis directement mis en contact avec la coutume locale en piquant une petite somme. On ne rigole pas avec la siesta ici.
Grenade est une ville avec un passé historique important ce qui veut dire que les quartiers de la vieille ville sont médiévaux avec des ruelles étroites et de belles constructions d'époque en pierre qui se mélangent à merveille avec les habitations d'aujourd'hui. Le joyau de cette ville, c'est l'Alhambra. Pas besoin de faire les détails pour expliquer sa splendeur. Ancien palais construit par les Maures, récupéré par les Catholiques après 1492, il fut conservé et embelli. A présent, toujours dans un état de conservation impeccable, il domine la ville depuis la surélévation rocheuse sur laquelle il repose. D'autres monuments majestueux dominent aussi la ville, comme la cathédrale ou encore l'ancien quartier arabe de l'Albaicin protégé aujourd'hui par l'UNESCO.
On pourrait penser qu'avec un temps aussi chaud, la ville serait parfaite, or elle présente un aspect parfois un trop crasseux, que la horde de hippies, punk et autres qui squattent en masse les lieux public n'arrange rien. Parfois on se perd dans quelques ruelles, et on finit dans un quartier mal famé taggé de partout occupé par quelques âmes en perdition. C'est pas rare de se balader en rue vers midi et voir deux clochards complètement déchirés qui essayent avec peine de parler une langue que l'on ne comprend pas tout en essayant lamentablement de rester debout une bière à la main. La ville a essayé de les virer il y a de cela 20 ans, mais ils sont terriblement coriaces ici que c'est peine perdue. Bon, il ne faut pas croire que la ville est un dépotoir hein, son charme l'emporte encore fort heureusement. Le gros avantage de leur présence ( et celle des étudiants) est le prix de la chope. En gros, ici ca tourne à un euro le litre pour une pisse de chat plus ou moins équitable à la Cara voir un peu meilleure.
La première chose que je devais faire c'était de choper mon piso c'est-à-dire mon kot, mon logement. En effet, chaque jour en plus me coutait de l'argent et je voulais enfin pouvoir me poser tranquillement. J'avais bon d'être arrivé aussez tôt avant tout les autres Erasmus. Je ne pense pas que la règle « Premier arrivé, meilleur servi » était de mise vu le nombre considérable d'habitacions disponibles ( Grenade est l'université qui acceuille le plus d'Erasmus, une personne sur 4 en ville est un étudiant ). Mais au moi, j'étais sûr d'avoir le temps nécessaire pour me décider et réfléchir sereinement à la suite. Les annonces se trouvent partout en rue et généralement les cabines téléphoniques ressemblent plus à des constructions papiers pendant cette période de l'année. Après quelques hésitations, j'avais trouvé la technique : Tu prends un bloc note, ton bic, et tu arpentes le quartier dans lequel tu souhaites vivre. Tu lis les annonces qui t'interessent , tu chopes l'adresse le prixet le numero. Après, tu vas dans une locutaria sorte de paki-téléphone-internet ( Ah oui, ici on dit pas paki mais chino), tu checkes sur internet d'autres annonces, tu les rajoutes à ta liste. Ensuite, tu passes à la phase un peu plus délicate de l'appel téléphonique. Bon j'ai commencé avec une copine histoire de pouvoir toucher quelque chose mais après c'était un peu plus freestyle. Je téléphonais, je lachais quelques phrases toutes construites genre « Ví el annuncio por el piso en la calle, podemos quedar ? ». Après ça varie entre l'accent du type à l'autre bout du fil, sa vitesse de locution et surtout sa patience en fait ...
Bon en gros au début, c'est galère puisque tu t'y prends évidement mal. Le premier jour et le deuxième ne furent pas très glorieux. Les appartements que l'on visite varie parfois grandement : logement pourri dans un quartier mausade, piso pas trop mal avec une salle de bains pour cinq ou encore un appartement standard sans plus un peu trop éloigné. Pour ça pour dire que j'avais rencontré que de la merde, jusque quand est arrivé le quatrième jour, je devais commencer à me poser sérieusement. Avec du bol, j'ai trouvé un piso terrible qui m'a plus tout de suite. 3 ème sur la liste d'attente, deux boulets n'ont pas rappelé et j'ai pu le choper.
Il est situé dans le Realejo, quartier historique et très calme au pied de la colline de l'Alhambre. Même s'il est paisible, l'endroit est bien situé avec tout ce qu'il faut pour survivre: chino, paki, bar, kebab. Il donne sur une place assez classe, et possède une terraze avec une vue terrible de la ville. Bon okay, ce n'est pas l'albacyn mais pour le prix c'est convenable. Il y a de la place pour trois personnes : moi, une Allemande qui doit se ramener et Antonio, un Espagnol de 38 ans qui est une sorte de poète-peintre-glandeur mais qui est sympathique. En gros, il y a pas de stress pour l'ordre, on ne me casse pas les couilles pour deux assiestes dans l'évier ni pour la murge. Reste à voir comment l'autre fille va être.
Bon en gros, je me suis retrouvé posé avec très peu de temps, je commençais déjà les cours d'espagnols au Centre de Langues Modernes situé à 30 sec de l'appart. C'était très chill comme début. | Publié le 4/09/2008, à 10:14, Grenade Mots clefs : |
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